43 jours: c’est quoi, la retraite anticipée au fond?

Les Riche Relax ont atteint leur objectif ultime: ils sont désormais retraités!

Mr. Riche Relax apporte deux réflexions intéressantes. La première concerne la façon d’utiliser leur temps libéré par leur retraite anticipée, qu’ils veulent consacrer en bonne partie à passer du temps en famille, à prendre soin de leurs enfants et partager avec eux ces précieux moments qu’est la jeunesse dans la vie d’une personne. Est-ce un projet complètement différent de ceux qui visent une retraite anticipée pour, par exemple, voyager?

La seconde évoque la définition même de « retraite ». Si je prends un contrat de temps en temps, suis-je retraité?

En commentant sur l’article, j’en suis venu à réfléchir à nouveau sur ce gros problème qui me poursuis depuis le début de mon projet: c’est quoi, au juste, que je vise? L’indépendance financière? La retraite? Voyons voir.

Exercice partie 1: Faites une liste des 5 choses les plus importantes pour vous. Les choses que vous priorisez, ce que vous aimeriez faire. Imaginez que l’argent et le temps ne sont pas un problème: à quoi consacreriez-vous votre temps? Qu’est-ce qui compte pour vous? Vous voulez passer du temps avec votre famille? Votre conjoint? Voyager? Vous aimeriez cuisiner? Cultiver des navets? Faire du bénévolat? Jouer dans un band?

Exercice partie 2: posez-vous maintenant la question: consacrez-vous le plus gros de votre temps (incluant le travail, excluant le dodo) et de votre argent à des items sur votre liste?

Si la réponse est négative, qu’est-ce qui vous empêche de consacrer votre temps à ce qui compte vraiment pour vous? Possiblement, deux choses:

  1. Le temps. En étant enchaîné à un travail 40 heures par semaine, vous passez déjà proche de la moitié de votre temps à travailler et donc, à faire quelque chose qui n’est pas sur votre liste.
  2. L’argent. Vous ne pouvez pas réduire ou éliminer vos heures de travail pour libérer du temps.

L’indépendance financière ne suffit pas.

Beaucoup de gens, surtout d’un certain âge, sont ou pourraient être indépendants financièrement. Ils cumulent depuis des années des sommes considérables. Ils pourraient prendre leur retraite, parfois sans même réduire leur train de vie, d’autres fois en apportant des ajustements mineurs.

Ils pourraient en somme faire ce qui est dans leur liste des choses qui comptent pour eux: réduire des dépenses sur des choses qui ne leur apporte pas vraiment de bonheur et grâce à cette réduction, être en mesure de prendre une retraite plus tôt. Mais ils ne font pas le move. Ils n’osent pas, ou ils ne prennent pas conscience de ce choix qu’ils peuvent faire, peut-être aveuglés par le fait d’entendre constamment que prendre sa retraite avant 65 ans, de nos jours, c’est pratiquement impossible (fini, Liberté 55!).

L’indépendance financière ne suffit donc pas à transformer la réponse en « oui ». Il faut enlever les chaînes qui nous relie à notre job, cette job qui bouffe le plus gros de notre temps.

Briser les chaînes de l’emploi traditionnel, ce n’est pas exactement la retraite

Mais le mot retraite ne me convient pas non plus. La retraite, ça sonne comme: je ne travaille plus. Pourtant, ce n’est pas véritablement l’objectif réel. Ce que je veux vraiment, ce n’est pas arrêter de travailler. C’est de consacrer la plupart de mon temps aux choses qui sont importantes pour moi.

M’accomplir dans mon travail pour un employeur, ça arrive loin dans la liste. À 25 ans, c’était plus haut, mais plus maintenant.

Mais si je change ma notion de travail par: fonder ma micro-entreprise (sans obligation que ça marche!), soudain, cet item apparaît plus haut. Peut-être pas dans le top 5, mais possiblement dans le top 10. Assez pour y consacrer un peu de temps chaque semaine.

Ou peut-être qu’un petit contrat ici et là, qui occupera je ne sais pas, une couple de centaines d’heures par année, m’apportera des revenus additionnels intéressants pour réaliser un item de ma liste. Je pourrai quand même répondre « oui » à ma question.

Vous voyez la différence?

On se donne les moyens de réaliser ce qui compte pour nous, en enlevant de notre vie ce qui occupe la majorité de notre temps: l’obligation de travailler. On remplace ce travail qui occupe 40 heures par semaine et plus par ce qu’on veut… ce qui peut inclure du travail, si c’est ce qu’on veut faire!

L’indépendance financière ET la fin du lien d’emploi permanent

Mais il ne suffit pas de se libérer de ce lien d’emploi.

Un travailleur autonome, par exemple, n’a pas forcément la liberté de passer du temps sur ce qui compte pour lui: il demeure dans l’obligation d’obtenir des résultats, d’aller chercher des revenus. Il ne travaille pas nécessairement pour son plaisir, mais, aussi, pour des raisons banalement alimentaires.

Pour réellement consacrer votre temps à ce qui compte, vous avez besoin des deux éléments: vous libérer de votre emploi à temps plein permet de consacrer votre temps à ce qui compte (incluant éventuellement du travail, mais sans obligation!) et l’indépendance financière vous donne les moyens de le faire.

Alors si ce n’est pas une retraite, ni seulement de l’indépendance financière, on invente un mot pour ça? Quand j’ai créé le blogue, je me suis accordé un gros 5 minutes pour trouver un terme, car je ne voulais pas utiliser « retraite anticipée » ni « indépendance financière » pour les raisons mentionnées ici. C’est pourquoi j’ai utilisé « liberté professionnelle », mais je ne suis même pas certain que ça veuille dire quelque chose 🙂

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8 réflexions sur « 43 jours: c’est quoi, la retraite anticipée au fond? »

  1. MrJack,
    Je recherche simplement la liberté de consacrer mon temps de vies à des activitées qui ne rapporteront pas forcément (probablement pas) de l’argent.

    On change la « fin ». L’objectif n’est plus le $$$… c’est le bonheur/plaisir.

    Lorsque l’objectif visé n’est plus de rapporter du $$$, tout à coup une foule d’opportunités intéressantes s’ouvre devant soi telle que de faire pousser des champignons à temps plein!

    Moi, je ne vise pas à prendre ma « retraite » je vise, tel un gladiateur qui se bat dans l’arène, à m’affranchir et gagner ma liberté! C’est d’ailleurs dans mon « à propos » depuis 4 ans.

    En ce sens, si on considère le contrat de travail comme une forme d’esclavage (de luxe dans mon cas, j’en conviens) salarié, l’affranchissement est peut-être un terme plus adéquat que retraité.

    Tu seras donc un « affranchi »!!! Cool hein? Comme Robert DeNiro et Ray Liotta! D’ailleurs ça me donne envie de réécouter le film.

    Pourquoi je considère le travail comme une forme d’esclavage? Parce que le travail est très contraignant et parce que la démocratie n’y existe plus (si toutefois elle existe en dehors du travail). Je considère aussi le travail salarié comme une forme d’esclavage évolué parce que le salaire versé, dans une grande majorité des cas est à peine suffisant pour maintenir le mode de vie. On atteint ainsi l’état de statu quo du travail permanent qui ne cessera qu’au quasi épuisement du corps. Bien des gens ne se rendent pas jusqu’à 65 ans… surtout après une vie passée au labeur.

    Si on prend le mot « travail » (terme qu’on tend à banaliser en désignant l’action de se rendre tous les jours au même endroit pour faire la même chose) et qu’on en étudie ses origines (étymologie), on se rend compte que c’est un terme chargé de sens.

    Dans l’ancien français, le terme travail voulait littéralement dire : tourment / souffrance. Ça en dit long…

    Lafargue compare littéralement l’homme qui travaille à une putain (je suis d’accord avec lui – j’aime bien provoquer lol) : « L’homme qui vendait son travail, qui recevait un salaire, se dégradait au rang des esclaves, il se vendait comme esclave, il perdait sa dignité d’homme libre. Cette action dégradante est commise quotidiennement par les hommes libres de la société capitaliste. Les prolétaires de la main comme ceux de l’intelligence, n’ont qu’une unique préoccupation : se vendre, vendre leur travail manuel, vendre leur travail intellectuel, vendre la pensée, cette chose sacrée. — (Paul Lafargue) »

    Donc, mon cher MrJack, tu auras fini dans 43 jours de t’abaisser au rang d’esclave. Tu ne seras pas retraité, tu seras un affranchi.

    Tu te sors de la condition de prolétaire et si tu t’offres une micro-entreprise dans laquelle tu décides d’utiliser les leviers du capitalisme (tel que de torturer oups faire travailler des gens avec Mechanical Turk ou Fiverr ou whatever) et bien, de prolétaire tu passeras au statut de bourgeois ou capitaliste!

    Encore 43 jours… je t’envie MrJack! J’aimerais bien retourner dans le temps me sacrer une belle grosse paire de claques en arrière de la tête comme Bufford Tannen dans Back to the future lorsqu’il lui remet l’Almanach des sports!

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    1. S’affranchir, oui j’aime bien je crois.

      Le pire c’est que contrairement à des esclaves, on a pour la plupart le choix. On est plus comme des drogués: drogués aux dépenses, à la consommation, à la performance. Comme dans l’allégorie de la caverne de Platon, on voit ce qu’il y a à l’extérieur de la caverne, mais on veut retourner dans la pénombre, dans ce qu’on connait, rejoindre les autres.

      La société est un gros pusher et nous on est des dépendants consentants.

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      1. MrJack,
        Le choix? Le choix de quoi?
        Vivre comme le gars qui coupe des tranches de cerfs de Virginie mort au bord de la route?
        Ce qu’il fait (vivre en nomade sur les terres de la couronne) n’est pas légal en soi. Piéger des animaux = permis. Loyer annuel à payer pour le droit de s’établir etc…
        Vivre comme le jeune qui a 14000 followers sur youtube en parasitant chez la famille et les amis?

        Ces gens vivent des rebuts et des excédents de la société de surconsommation.

        Le fait est que l’homme s’est approprié la terre et les ressources et donc qu’elles appartiennent à des gens. Il n’y a plus une seule parcelle de terre libre à l’horizon où toi ou moi pourrions décider de nous intaller pour y fonder une famille ou une communauté sans avoir à payer un tribut.

        Tout se monnaye bien sûr et voilà pourquoi nous voulons avoir de l’argent. Voilà aussi pourquoi tu as économisé une telle somme.

        Donc, à moins de vouloir vivre en hors la loi en marge du système, les choix sont restreints.

        Si on nait sans fortune, on peut choisir de devenir salarié, travailleur autonome, de tenter de partir une business à partir de rien… quoi d’autre?

        Notre temps on doit l’échanger en grande partie contre de l’argent le temps de se bâtir le capital nécessaire (qui peut varier d’une personne à l’autre) pour s’affranchir de la société et ne plus être esclave de l’argent.

        Si tu trouves une voix complètement libérée de l’argent, laisse-le moi savoir. Car à part d’être SDF, d’occuper illégalement un terrain ou de pousser le minimalisme à l’extrême et de prendre la route, il faut tout de même de l’argent pour décider de consacrer 100% de son temps à des activités qui n’ont pas l’objectif conscient ou caché de faire de l’argent comme finalité.

        Il se peut que je me trompe… en fait j’aimerais me tromper. Mais je ne vois pas…

        Èvidemment même en accumulant l’argent, encore faut-il se libèrer du conditionnement social…

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        1. Fâche-toi pas 😉 Blague à part, je voulais surtout dire par là que nous ne sommes pas obligés de suivre à 100% la voie établie d’avance (ce que la majorité des gens fait) mais oui, reste qu’on vit en société, pour le meilleur et pour le pire, et on ne pourra rien changer au fait qu’il y a des lois et des règles (et heureusement, ausis des avantages).

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          1. MrJack,
            Ah mais je ne me fâche pas. D’ailleurs, ma blonde trouve que je manque de colonne parce que je ne me fâche pour ainsi dire presque jamais voir jamais. Je suis simplement passionné. Et si jamais tu avais trouvé une autre option à laquelle je n’avais pas pensé j’aurais adoré l’entendre! 🙂 il y a longtemps que je cherche et à date à part vivre pauvrement ou épargner avec acharnement, je ne vois pas ce que je peux faire d’autre pour me libérer.

            Quant aux côtés positifs de la société, il est clair que la société amène des tas d’avantages indéniables. Sans la société, d’abord, nos plans de retraites ne tiendraient pas le coup. Vivre en état de survie non plus c’est pas trippant. J’aime la relative sécurité que nous apporte la société. Je suis aussi bien content que les épiceries existent… chasser ma bouffe tous les jours ça l’air cool et romantique dit comme ça mais au bout d’un temps relativement court, j’en aurais probablement mon truck lol

            Quant à « l’esclavage » capitaliste… on aura beau le critiquer, jusqu’à maintenant aucun autre régime de grande ampleur n’a su s’imposer comme supérieur en pratique. Le communisme en apparence plus juste est tout simplement impossible à implanter en pratique par exemple… et qui voudrait d’une dictature, d’une monarchie, d’un califat? Etc…

            Je suis conscient que je critique bcp le capitalisme mais qu’en fin de compte je ne saurais pas par quoi le remplacer sinon par un capitalisme plus « équitable », si cela peut être possible, en limitant les richesses qu’un homme peut accumuler de son vivant et transmettre à ses héritiers.

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          2. Je penche aussi vers une solution autour du dernier paragraphe, pour les mêmes raisons. Quand quelqu’un dit: mais le communisme n’a jamais été à la lettre, on ne sait pas si ça marcherait vraiment. Ben voilà, il est là, le problème. Ça semble trop aller contre la nature pour qu’on puisse l’appliquer sans dérive. Sur ce, je ne pensais pas que tu étais fâché 🙂 et malheureusement je n’ai pas vraiment de solution sinon la voie que j’emprunte, qui est celle de profiter de la situation (mais j’entends bien redonner d’une façon ou d’une autre).

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