41 jours: l’indépendance financière pour prendre des risques

Il y a quelques années, une étude du magazine économique Quartz (en anglais, mais voici un article en français qui reprend le même thème) statuait, en gros, que les entrepreneurs n’ont rien de particulièrement spécial au niveau de leurs habiletés ou de leur personnalité, mais que leur point commun est qu’ils viennent de milieux familiaux aisés. Je mettrais un bémol: je crois qu’il faut des habiletés et une personnalité particulière, seulement, ces traits ne sont pas particulièrement rares. Un tas d’entre nous ont ces traits, et pourtant, on travaille pour quelqu’un d’autre.

Évidemment, partir une entreprise nécessite souvent de l’argent. Mais ce n’est pas tant l’accès au capital qui compte. Il y a du Venture Capital, des anges investisseurs et un tas de programmes pour aider à ce niveau. Donc oui, ça aide, même énormément, mais un frein demeure: le goût de prendre le risque.

Si un échec signifie finir dans la rue, évidemment qu’on sera moins motivés à prendre des risques. Si on vient d’une famille pauvre, qui gratte des sous pour arriver à la fin des mois, la notion même d’utiliser l’épargne comme levier pour fonder une entreprise est tout à fait étrangère.

Avoir confiance, avoir le guts de faire la transition. Même, à plus petite échelle, quitter un emploi sûr pour devenir travailler autonome comporte une part de risque. Moins grande que de fonder une startup, mais quand même. Il faudra trouver des clients. Les revenus ne seront pas garantis.

Au printemps 2009, nous étions au creux de la Grande Récession, la bourse avait atteint son point le plus bas en mars et je venais de faire l’acquisition d’une maison avec Mlle Jennie. C’est le moment que j’ai choisi pour me joindre à un ami et démarrer une entreprise.

Je ne viens pas d’une famille aisée. J’avais toujours voulu être entrepreneur, mais je n’avais jamais osé, avant. Mais, en 2009, j’avais accumulé un actif d’environ 200,000$  (50,000$ dans la maison). Je pouvais me permettre ce risque (pas autant que je l’aurais souhaité, mais je pouvais « me refaire » sans trop de conséquences, au pire). Cet argent m’a donné confiance.

Nous avons fondé l’entreprise avec notre propre capital.  Il n’y avait aucun revenu au départ. On s’était entendu pour vendre nos services comme consultants à raison d’un maximum de 10 heures par semaine, histoire de faire entrer un peu d’argent dans l’entreprise, tout en gardant le focus sur le projet principal. On s’est versé des salaires homéopathiques. Si au lieu de 200,000$, nous avions eu 600,000$ chacun en banque, on aurait certainement laissé tomber cette partie et consacré 100% de notre énergie à développer et vendre notre produit.

Bien sûr, il y a des gens plus fous, plus confiants et plus téméraires qui prendront des risques, même s’ils n’ont pas le backup familial quand tout va mal. Mais c’est plus l’exception que la règle. Je connais plusieurs entrepreneurs, d’une part parce que j’ai passé ma vie à travailler pour des startups, et ausis parce que j’en ai côtoyé plusieurs dans le cadre de différents programmes de parrainages et événements d’entrepreneuriat de type « Dans l’œil du Dragon ». Le pattern est presque toujours le même. Des gens qui viennent sinon de familles riches, au moins d’un milieu confortable, avec un diplôme universitaire en poche si jamais ça devait mal aller et qu’ils devaient retourner travailler.

Aujourd’hui, à part de prendre le risque de partir et de me séparer de mon revenu d’emploi, je n’ai encore aucune idée si je vais vouloir à nouveau prendre des risques au niveau entrepreneurial. J’ai quand même quelque chose à perdre: si un projet venait à échouer, je pourrais me voir dans l’obligation de retourner au travail. Je pourrais toutefois démarrer une entreprise qui ne nécessite pas d’investir de capital supplémentaire.

Mon temps, lui, est disponible, et de ne pas avoir besoin de salaire est un avantage énorme.

2 réflexions sur « 41 jours: l’indépendance financière pour prendre des risques »

  1. MrJack,
    Je comprends ce que tu veux dire…
    Ado, alors que je n’avais aucune contraintes financières et aucun risque si je puis dire, j’ai été camelot, puis j’ai fait divers gigs qui me rapportaient des revenus intéressants. J’ai eu la piqure de l’entreprenariat.
    Mais, quand est venu le moment de payer des factures régulières, tout à coup, j’ai pris conscience que ça ne serait pas si évident. Et puis, je me suis mis à apprendre sur l’assurance, la fiscalité, le droit etc.. et je me suis rendu compte qu’une entreprise avec pignon sur rue ça court des tas de risques et que c’est quand même très compliqué à partir et gérer… (ou coûteux si on veut engager des spécialistes).

    L’autre enjeu est de trouver des spécialistes en qui avoir confiance… or je n’en avais aucun autour de moi. Alors on fouille dans le botin (car je n’avais aucun entrepreneur autour de moi non plus).

    Néanmoins, en 2008 avec 10,000$ en banque et 1500$ en frais fixes, j’ai décidé de me lancer en assurance vie/investissement avec une franchise. Une grosse part des risques était donc couverte par le programme de la franchise.
    Mais choisir 2008 pour me lancer à l’eau n’était pas une super bonne idée. Personne n’avait d’argent à investir ou à mettre dans une police d’assurance vie dans mon entourage… j’en ai bavé et j’ai été confronté à toutes mes faiblesses.
    Les factures rentraient, le cash un peu mais mon niveau de stress montait de semaine en semaine.

    J’ai découvert que je détestais faire de la prospection au quotidien, chercher des clients et que je ne partirais pas une business sans avoir des revenus suffisants pour couvrir au minimum toutes mes dépenses de base.

    J’ai aussi découvert que dans un monde idéal, ma business ne devait pas avoir de clients physiques…

    Le monde me tape trop sur les nerfs… les tites mme gossantes jamais contentes etc…

    J’ai découvert les sites de niches, affiliate marketing etc… ça ça me rejoint… peu de capital, peu de risque, pas de clients à gérer… la business parfaite pour moi. Je peux la grossir à mon rythme etc…

    Je pense que j’ai plusieurs traits d’entrepreneur mais qu’il m’en manque au moins 2 ou 3 qui sont fondamentaux : le goût du risque et aimer avoir et cultiver un énorme réseau…

    Certains partent vraiment de zéro souvent ils ont essentiellement rien à perdre, mais la plupart des entrepreneurs que j’ai connu venaient effectivement de familles aisées et supportantes. La famille avait le cash, les contacts pour démarrer en grand etc…

    Juste avoir un bon notaire, un bon comptable, un bon fiscaliste de confiance, le support de proches (mentor) qui ont de l’expérience à gérer une business ça donne un bon coup de pouce.

    Mais bon… tout ça peut s’acquérir par soi-même si on est fonceur.

    Moi, pour être très honnête avec moi-même, j’ai bcp de difficulté à faire confiance à autrui lorsqu’il est question de cash… et je ne suis pas super bon pour prendre le poulx de la foule et savoir quelle idée fonctionnera et laquelle ne fonctionnera pas…

    Je suis mieux de continuer à épargner jusqu’à ce que je sois libre et faire croître mes sites webs lentement mais sûrement lol

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    1. Exactement la même chose côté business moi aussi.. j’ai bien aimé mon expérience d’entreprise, mais pour le moment, je veux le moins d’obligations, le moins de contacts possibles avec des gens, et sans risque, pour les mêmes raisons que tu mentionnes. Avec aucune obligation de résultats parce que ce n’est pas nécessaire pour payer les bills, je vois ça pas mal comme une situation idéale!

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