36 jours: le point tournant (la suite) et les grandes économies

Je vous ai raconté dans un billet précédent mon point tournant: ce moment où j’ai fait de grands changements dans ma vie qui m’ont mené à mon projet d’indépendance financière.

Comme je vous l’ai raconté, le toit de ma maison s’effondrait littéralement et je n’avais pas les moyens de payer la facture. Dès que je sortais la tête de l’eau, une tuile s’abattait sur moi, et hop, une réparation imprévue: l’épargne, ça sera pour une autre fois !

Comment faire une différence dans ma vie financière pour arrêter d’être stressé avec l’argent?

J’étais jeune et j’avais une vie sociale bien remplie. Je n’avais pas beaucoup de temps pour faire des économies de bout de chandelle, comme faire mon pain ou mon yaourt, par exemple (je n’ai absolument rien contre les petites économies, c’est juste que ça en prend beaucoup rassemblées pour faire une grosse différence et qu’il est bien plus efficace de commencer par les grandes économies, même si ce sont les choix les plus difficiles!).

J’étais à l’époque complètement inculte et de style « laisser-aller » côté argent. Je ne savais pas vraiment ce que je faisais, où je dépensais ni pourquoi. Je ne me posais même pas la question.

J’ai commencé par faire le tour de mes dépenses. J’ai remarqué rapidement que je dépensais environ 25% de mes revenus nets au transport, soit environ 5500$ par année (en dollars de ~2003). Pourtant je roulais dans une modeste voiture compacte! En plus du coût exorbitant, il m’arrivait de faire l’aller-retour pour le travail, 60 km, et de refaire le même trajet le soir pour une activité sociale, de sorte que je passais près de deux heures dans l’auto ces journées-là! Même les fins de semaine, il était rare que l’on reste plus de 24h sans refaire le trajet.

Un jour j’en ai parlé à Mlle Jennie et je lui ai dit: « Nous vivons à la campagne, mais on passe notre vie en ville. On déménage-tu? »

On s’est trouvé un condo plus cher que la valeur de la maison (c’était quand même seulement 85,000$ à l’époque), mais j’ai calculé que ça me reviendrait moins cher (surtout avec des taux d’intérêt bas, la différence est surtout du capital cumulé) avec les économies sur le transport. Mlle Jennie était assez près du travail pour marcher. J’étais alors à 15 minutes du mien en transport en commun, l’été j’allais travailler en vélo.

On sauvait donc au moins un plein d’essence toutes les semaines. Juste ça, ça compensait le prix plus élevé de l’hypothèque, mais j’économisais aussi sur les réparations, les pneus, les assurances. Le condo n’avait pas que l’avantage de la proximité pour épargner. Les coûts d’énergie et d’entretien étaient bien moins élevés aussi. Notre maison était une maison de campagne, avec notre propre puit, fosse septique, etc. Tout ça occasionne des frais. Malgré la valeur plus élevée et l’accès aux services, les taxes municipales du condo n’étaient pas plus élevées: c’était souvent le cas pour des copropriétés dont l’évaluation était à l’époque très basse.

Je me suis intéressé peu à peu à la simplicité volontaire et à la frugalité et je suis tombé en 2004 sur ce livre d’une canadienne qui venait d’être publié:

Stop Working…Start Living: How I Retired at 36 (but never made more than $26,000 a year)

Après la lecture, je me suis dit: je veux faire mieux, puis-je devenir indépendant à 35 ans?

Et j’ai démarré mon plan.

J’ai fait des calculs, déterminé combien d’argent j’aurais besoin. J’ai eu beau faire des contorsions, il fallait se rendre à l’évidence: 35 ans, pas réaliste. J’ai donc repoussé l’objectif à 37 ans et j’ai démarré un blogue pour me motiver (ça s’est avéré, plus tard, au contraire très démotivant car la communauté n’existait pas et je ne recevais que du feedback négatif ou presque).

Avec tout le kilométrage que nous avions fait dans notre vie précédente, il a fallu éventuellement changer de voiture. J’ai choisi une voiture très économique: une Honda Fit. J’allais la garder près de 10 ans et je n’ai eu aucune réparation à faire pendant ces années. Aucune. Un bon choix et de la chance. Si c’était à refaire, j’achèterais sans doute une usagée. Ce fut d’ailleurs ma dernière voiture neuve.

Un choix déchirant pour Mlle Jennie: débrancher le câble. Je lui ai dit: « regarde, c’est l’été, on écoute pas beaucoup la télé, essayons. Au pire on se rebranchera chez un compétiteur qui sera bien content de nous offrir une belle promotion pour nous avoir comme clients ».

Et finalement, on s’est ajustés. On s’est mis à écouter des films qu’on empruntait à la bibliothèque de l’Université où travaillait Mlle Jennie. Nos antennes de lapin suffisaient pour capter 2-3 canaux que, finalement, on n’écoutait plus vraiment.

Ensuite, on s’est sevré de notre addiction aux livres: nous en avions près d’un millier à la maison. Faute d’espace, on a presque tout vendu et on a conservé une centaine de livres qui avaient une valeur plus sentimentale, comme des livres anciens ou rares.

On a aussi vendu nos vieux disques, des vinyls, des CDs que nous n’écoutions plus, le tourne-disque… ça avait encore alors un peu de valeur, on a mis l’argent récolté sur l’hypothèque. Surtout, on a cessé d’acheter de nouveaux livres: une succursale de la bibliothèque municipale était à 5 minutes à pied de chez-nous. Côté musique, on a éventuellement abandonné l’achat de CDs pour adopter le streaming, qui débutait. On a été des utilisateurs de Microsoft Zune dès les débuts. Depuis on paie 100$ par an au lieu d’acheter 20 ou 30 albums annuellement comme on le faisait avant.

C’est aussi l’époque où on a systématiquement commencé à apporter nos lunchs au travail. Avant on le faisait en partie, le reste du temps j’allais m’acheter un truc prêt-à-manger pas cher à l’épicerie ou en take-out, et plus rarement au resto, mais c’était quand même plus cher que nécessaire.

Avec les années, on s’est mononclisé et matantisé un peu aussi… moins de sorties, moins de partys, moins de locations de chalet, moins de sorties de ski, moins de roadtrips de fin de semaine, moins de bières sur les terrasses ou de café de fin de soirée. C’est venu tout seul, par nos amis qui ont changé eux-mêmes par la force des choses leurs habitudes: avec leurs familles, leurs activités ont bien-sûr changés. On a gardé les mêmes amis, on a changé nos habitudes. Ce qui, financièrement, est pour le mieux!

Au bout du compte, je n’ai pas réussi à atteindre mon objectif de quitter à 37 ans: il m’aura fallu 5 années de plus. 2008-2009 s’est mis sur mon chemin, ce qui déjà en soit allait retarder mon plan. De plus, on a écouté le chant des sirènes, parfois. Une maison plus grosse, pour avoir notre intimité, notre espace et en finir avec les problèmes de voisinage. On a voyagé hors du pays, aux deux ou trois ans. Chaque fois que je m’écartais de mon objectif, cependant, je remettais le tout en place. Retarder, peut-être, renoncer, non!

J’ai aussi utilisé mon indépendance financière grandissante (mais non atteinte) pour démarrer une entreprise avec un ami. J’ai gratté les cennes autant dans l’entreprise qu’à l’extérieur. Lorsqu’on a vendu, on a reçu un chèque substantiel. Après une diète restrictive côtés dépenses, je me suis empiffré: j’ai acheté une voiture électrique. Au moins, elle était usagée et me permet aujourd’hui d’économiser sur l’essence. (Pour ceux qui se demanderaient si la dite entreprise a joué un rôle important dans le cumul de mon portefeuille: non. J’ai calculé que ça m’est revenu après impôts à peu près au même que si j’avais continué mon emploi précédent).

Alors me voilà maintenant au fil d’arrivée et à faire de petites économies pour optimiser encore plus. Car économiser pour épargner en vue de la retraite est une chose, mais on sait toujours qu’on pourra revenir en arrière si on veut. Désormais, ce sera une obligation. Les petites optimisations aujourd’hui vont me permettre des marges de manoeuvres plus tard. Serait platte d’avoir du temps libre et se rendre compte qu’on a plus les moyens de rien faire!

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2 réflexions sur « 36 jours: le point tournant (la suite) et les grandes économies »

    1. En 2004, soit 2-3 ans après le déménagement, la vente de la maison et le règlement à l’amiable de mon problème de toit avec l’ancien proprio, j’avais cumulé environ 73k$. C’est donc environ 580,000$ qui s’est ajouté en 13 ans. Détails ici: https://99joursblog.wordpress.com/2017/05/19/70-jours-levolution-de-mon-portefeuille-et-actif-au-cours-des-annees/ La moitié de ça a été cumulé dans les seules 3-4 dernières années.

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